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| Dossiers - Se former à la Lithothérapie ?
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par Philippe PERROT (ingénieur géologue) Le Deucalion sarl.
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En mars 2004, sur EUROPE 1, Reynald BOSCHIERO, l'auteur du best seller de la lithothérapie, fut interrogé sur sa formation personnelle. Il répondit avec sincérité, que sa passion pour la minéralogie lui avait permis de connaître les pierres, quant à leur emploi pour la santé, il l'avait appris sur le tas, au Brésil, en Californie et ailleurs... Sa connaissance était le fruit de son expérience…
Au journaliste qui s'étonnait que les lithothérapeutes osent aborder la Santé humaine, sans avoir reçu de formation scientifique et humaine, R. BOSCHIERO répondit que le public de ses stages d'initiation comptait de nombreux personnels soignants, à même de positionner cette « pratique ».
Intervenant plus tard dans cette émission, « en tant que scientifique de la lithothérapie », je fus obligé comme à chaque conférence, de reprendre la base de la Chimie, pour rappeler que la Biochimie n'est que minérale, car les éléments chimiques ne sont que des éléments minéraux. Cette explication amenant comme à chaque fois une légère remise en cause de la lecture scientifique, pour accepter la réalité du « tout minéral » de notre univers.
Si la lithothérapie désigne bien ce qu'elle veut dire (thérapie par les pierres) c'est-à-dire l'usage des pierres pour la santé et le bien-être des humains, cela implique que tous ceux qui prétendent connaître ce sujet, maîtrisent bien la connaissance des pierres en général, en comprenant aussi l'organisation et le fonctionnement humain, corps, mental et émotionnel.
Quant à ceux qui font référence à des Traditions, il faudrait leur conseiller de les étudier un peu, afin de ne pas trop dénaturer leur contenu essentiel.
On voit bien après ces quelques lignes, qu'avant de « se prétendre lithothérapeute », une formation sérieuse est à envisager sur plusieurs années, avec des connaissances en Physique, Chimie, Biologie, Histoire, Philosophie, ésotérisme, ethnologie, anthropologie... et modestie...
Vouloir résumer cette formation à deux ou trois jours et quelques livres bien illustrés, c'est comme penser que l'on devient spécialiste en faune et flore, après trois tours au jardin des plantes.
Au nom de « l'expérience », certains farfelus, se considèrent affranchis des réalités scientifiques universelles. Au prétexte d'alternative naturelle pour la santé, ils rejettent les lois de la Nature, dans une démarche mystico-scientifico-ésotérique qui autorise toutes « les dérives».
Il y a dix ans, les vendeurs de minéraux sérieux « ignoraient » la lithothérapie. Aujourd'hui on voit des « marchands de cailloux » qui ont remplacé la minéralogie (et la compétence qui va avec) par la préconisation de pierres à effets thérapeutiques. Un flot de littérature illustrée de couleurs et de photos, propage « une lithothérapie » où se repère parfois une ignorance minérale flagrante.
Ce raccourci caricatural donne la mesure de la différence qui existe entre une lithothérapie basée sur la réalité minérale universelle, et les folles croyances « lithothérapeutiques » du moderne style.
Que faut-il vraiment APPRENDRE pour pratiquer la Lithothérapie ?
- Connaissance des pierres
Formation de la terre. Classification des roches. Différenciation des roches, couleurs, critères... Comprendre le minéral, les éléments chimiques significatifs, le « tout minéral» scientifique... Les compositions chimiques et les propriétés physiques, etc... Ce premier ensemble de connaissances est indispensable pour envisager l'emploi des pierres.
En effet quand on ne sait pas faire la différence entre une calcite optique, un cristal de roche et une fluorite incolore, comment imaginer que l'on va employer la bonne pierre au bon usage... Ne souriez pas, j'ai vu très souvent, des gens qui prétendaient « soigner avec les pierres », ne pas être capable de faire cette différence de débutant... Ils avaient lu des livres, suivi des stages et ils « ressentaient » les pierres... mais ils ne les connaissaient pas du tout !
Distinguer un carbonate d'un silicate est parfois utile. Exemple, le carbonate de manganèse va stimuler l'action des glandes surrénales, de façon chimique. Le silicate de manganèse agit aussi chimiquement, mais il provoque en plus, un effet physique sur les nerfs de tout l'organisme. Lorsque l'on comprend l'importance de ce léger détail, on arrive à distinguer l'effet d'une pierre sur la désorganisation de la ménopause, de l’effet sur un désordre hormonal passager.
Jusqu’où doit aller cette connaissance des minéraux ?
Il convient de comprendre que lorsqu'on veut utiliser des pierres pour la santé, on doit tout connaître des grandes familles de minéraux, et dans chaque famille, connaître à fond tous les détails de chaque pierre qu'on envisage d'utiliser.
Exemple ne pas distinguer dans le groupe des plagioclases, une Albite d'une Labradorite, c'est confondre d'office un déséquilibre nerveux organique, d'un déséquilibre nerveux psychologique.
La différence de cause nécessitant une différence de remède, on ne peut pas se contenter d'une recette approximative quand on s'intéresse à la santé des personnes. On voit, avec ces exemples très simples, qu'un lithothérapeute sérieux doit apprendre très distinctement les pierres.
- Connaissance de la Biologie et de la biochimie :
Si l'université des Sciences propose l'acquisition de ces connaissances sur plusieurs années, à moins d'être un génie, il semble difficile d'appréhender tout le sujet en quelques heures. Soigner ses semblables ne se résume pas au simple désir de leur vouloir du bien, c'est avant tout comprendre une réalité physique où la biochimie règle les transformations. Le fonctionnement des métabolismes ne se limite pas à une subtilité énergétique. Des éléments chimiques caractérisent les principales fonctions du corps humain. La logique très sommaire permet de comprendre que pour assurer les fonctions vitales essentielles, l'élément chimique associé à tel métabolisme doit se retrouver dans les pierres qui sont préconisées pour assurer son fonctionnement.
Pour comprendre que l'Apatite (bleu) a un lien avec le métabolisme de la moelle osseuse, il faut avoir vu les schémas de biologie qui montrent la coupe d'un os, où les cristaux d'Apatite figurent au centre du métabolisme simplifié.
Savoir que les nerfs fonctionnent avec un échange Sodium/ Potassium, permet de comprendre le rôle des pierres où le Sodium est important, sur l'équilibre nerveux, pour le rétablir ou le perturber.
Les pierres peuvent provoquer un effet dans un sens ou en sens opposé...
Ce qui conduit au deuxième point du serment d'hypocrate: « Soigner sans nuire ! »
- Pierres et Traditions
La jeunesse américaine des sixties a emprunté à la culture Ayurvédique, chakkras et énergies...
Si la tradition amérindienne a marqué le mouvement pierre du New Age, les traditions d'Amérique latine (Brésil, Pérou, Equateur, Mexique) ont restauré un peu d'authenticité en Lithothérapie.
Ancrée dans ces traditions anciennes, la notion cosmique a revu le jour, et cette notion cosmique s'est reliée à la notion de « tout minéral » du tableau de Mendéléïev. Cette suite de connections a permis à l'ensemble des lois scientifiques de retrouver une utilité indispensable au sens commun et au bon sens en général, traditions et sciences ne s'opposaient pas forcément.
A la fin de la crise fondamentale américaine, tout semblait avoir été dit en matière de tradition et de pierre. C'était sans compter avec la richesse culturelle de l'occident, on redécouvre peu à peu que la Bible est jalonnée de Pierres: Beth El (pierre dressée), le Pectoral, la Cité céleste...
Dans ce retour à nos propres sources, on découvre une filiation traditionnelle des Chrétiens aux Juifs de l'ancien testament, et des Hébreux aux Egyptiens, une formidable Histoire agrémentée de pierres mystérieuses et kabbalistiques...
Cette minéralité biblique met en lien le temple de Louqsor avec les Cathédrales, et le nombre d'or des maçons bâtisseurs, nous rappelle une certaine « maçonnerie » universelle.
Ce nombre d'or qu'on retrouve déjà dans la géométrie de la spirale de l'ammonite, inscrit donc dans la pierre dès les premiers fossiles du Canada, il y a 540 millions d’années...
On voit là aussi, après ces quelques lignes, qu’en recherchant à suivre la pierre dans les Traditions, le plus ordonné des historiens, risque de se perdre dans un labyrinthe de spéculations.
Ce qui veut dire que pour pouvoir faire référence aux Traditions, le lithothérapeute sincère devra étudier à la fois le chemin symbolique inscrit dans ces traditions, et l'articulation de ces traditions dans l'évolution de l'usage pratique des pierres.
On boucle ainsi les trois premières étapes d'un apprentissage qui conjugue ta connaissance des constituants de la matière, de l'organisation de la matière minérale à la matière vivante, avec la marque de toutes les spiritualités qui ont façonné ce que nous sommes.
Ces trois grands chapitres constituent l'essentiel des connaissances utiles et nécessaires aux pratiques de la lithothérapie. Cependant comme il s'agit d'une pratique, ce savoir doit permettre d'aboutir à un Savoir Faire qui va se heurter à un autre détail: soigner...
En France l'acte de soigner ses semblables relève de la médecine officielle, quand on procède à un diagnostic ou à une préconisation. Ce qui veut dire que prescrire l'usage d'une pierre pour la santé devient un exercice illégal de la médecine, quand à établir un diagnostic sans être diplômé de la faculté de médecine, c'est un délit encore plus grave...
Après ce rappel du cadre officiel, on peut enfin parler des « techniques de Lithothérapie ».
- Les diverses techniques de lithothérapie
Cristallothérapie. Magnétotherapie, Colorothérapie, Argilothérapie, Cures Thermales, l'usage des minéraux pour la Santé nous renvoie au catalogue et à l'histoire même de la médecine. Les Egyptiens, les Grecs et les Romains utilisaient pierres et sources minérales.
Au Moyen âge dans la plupart des cités on trouvait des boutiques de pierres « guérissantes ».
Jusqu'en 1900 on n'avait que des remèdes végétaux et des remèdes minéraux, puis la pharmacie a remplacé tout ça, et plutôt que dire « industriel et synthétique », on a dit pharmaceutique...
Le retour au Naturel, a relancé le minéral, et la culture des originalités thérapeutiques a conduit la plupart des thérapeutes à ajouter sur leur carte professionnelle « lithothérapie ».
Soyons clair, il y a en France une douzaine de personnes qui ont une expérience en lithothérapie, sur laquelle peut se développer une base de formation. Les conférences de la Bourse de Sainte
Marie ont permis au public de se faire une idée de la démarche de chacun.
Certains utilisent uniquement le Cristal de Roche, d'autres les cristaux en général, d'autres toute pierre brute ou polie. Minéral accessoire ou minéral principe essentiel, la lithothérapie présente une diversité de techniques qui ne simplifie pas les choses quand on veut parler de formation.
Si jusqu'à ce jour la lithothérapie n'est que l'accessoire de pratiques dites « énergétiques », une approche scientifique peut permettre à l'usage des pierres pour la santé, de devenir une discipline phare et indépendante, il suffit de considérer la notion du « tout minéral ».
La lithothérapie de demain sera ce que ces intervenants en font aujourd'hui dans les formations proposées au public. Des formations plus longues se mettent en place, intégrant petit à petit, plus de connaissances scientifiques, en commençant par les bases minérales indispensables.
« Soigner ses semblables » ou « conduire une voiture », quel est le plus facile?
Si « conduire une voiture » est le plus facile, il faut envisager au minimum, autant de précaution et de temps pour se former à la lithothérapie que pour apprendre à conduire.
En ce qui me concerne, après plusieurs milliers de « consultations » où les pierres ont contribué à trouver une solution thérapeutique explicable et expliquée, dans une pratique de la lithothérapie avec le grand public, je vois bien que transmettre ce que je sais, nécessite du temps.
Un temps ou les jours sont des mois, et où les mois peuvent devenir des années. Le temps est à la mesure du contenu et réciproquement. Ceux qui suivent mes conférences et mes formations le manifestent souvent quand ils comprennent l'importance des connaissances à acquérir.
Que celui qui se sent la vocation de « lithothérapeute » commence par bien connaître les pierres comme un bon minéralogiste, qu’il cherche ensuite à découvrir l’Humain... Si sa démarche est sérieuse, elle aboutira peut-être, après quelques années de formation...
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| Maj le 29.08.2004 |
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