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| Dossiers - Opales d’Ethiopie : nouvelles découvertes, nouvelles études |
par François MAZZERO GEMOA-OPALINDA, 242 bvd Voltaire, 75011 Paris Site web :www.opalinda.com
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Dans le catalogue 2001 de l’exposition Sainte-Marie aux Mines je présentais un dossier sur le gisement d’opale de la province du North Shewa en Ethiopie. Depuis cette date notre connaissance de ces opales très attractives a évolué pour en révéler l’inattendue variété. D’autres voyages en Abyssinie, mais également des études menées aux université de Nantes, de Lyon et à l’atelier lapidaire Stragem de Strasbourg permettent de mieux appréhender le contexte géologique de sa formation et de disposer d’analyses précises des caractéristiques gemmologiques des opales éthiopiennes.
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 Les falaises de Mezezo
Les falaises de Mezezo Photo © François MAZZERO
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Gisement du Shewa
La zone opalifère distante d’environ 200 kilomètres d’Addis Ababa, au nord, déborde d’un triangle constitué par les villages d’altitude Mezezo, Sela Dingay, Molale et couvre sans doute plusieurs centaines de kilomètres carrés. Nous sommes en bordure riftienne du vaste haut-plateau septentrional, girond secret et fabuleux des mystères abyssins. « Nous dominons un système de terrasses plongeant vers des vallées creusées de profondes gorges et la vue perd les déclivités qui aboutissent très au loin à la vallée du rift. Les champs de tef d‘un vert électrique parent le paysage et offrent à l’œil un étalon de distance hypnotique(1). » C’est dans ce contexte que les opales du Shewa sont ramassées, terme adéquat pour décrire les exploitations qui sont plus des carrières occasionnelles qu’à proprement parlé des mines. Mais quelle cueillette! Nous pouvons étudier à présent, en plus des variétés déjà connues, des opales sériant du blanc très pur au transparent quasi parfait. Toujours formées en nodules, les opales blanches présentent des couleurs de diffraction très vives avec des rouges éclatants. Dans certains échantillons, des fracturations anciennes peut-être survenues durant la formation de l’opale, ont été comme réparées par des infiltrations postérieures de silice noircie par des oxydes métalliques (et du carbone?). Ce qui délivre des nodules d’opale vitrail de cathédrale, où le blanc bleuté, ligné de divisions noires scintille de mille feux. D’autres nodules sont d’opale très foncée, dont les superb sterlings avec bleu sur noir. Dans les temps à venir elles seront reconnues comme opales noires selon la codification australienne. Une opale crystal très transparente, taillée par le lapidaire Manuel Soirat, diffracte de merveilleuses couleurs mais elles défient l’entendement dès que la lumière pénètre dans la gemme par les tranches. A noter aussi la découverte d’opale de feu orangée très pure avec des jeux de couleur intenses.
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 SENTINELLE, nodule d'opale blanche vitrail de cathédrale, 30 mm
SENTINELLE, nodule d'opale blanche vitrail de cathédrale, 30 mm
Photo © François MAZZERO |
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 Nodule d'opale bleu sur blanc, 50 mm
Nodule d'opale blanche, 35 mm Photo © François MAZZERO |
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 Nodule d'opale bleu sur blanc, 50 mm
Nodule d'opale blanche, 35 mm Photo © François MAZZERO |
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Gisement de Debre Tabor
Il existe d’autres gisement d’opale dans la corne de l’Afrique : nous avons des relations sur des provenances du Harerge, du Welo et du Gonder, en Ethiopie ; de Somalie également.
Malgré l’insistance sur l’origine des échantillons que l’on m’a montrés je considère ces informations avec prudence bien que l’histoire géologique du rift éthiopien englobe toutes ces régions. Cependant il m’est possible de décrire les pierres du Gonder, du moins en l’état des premières découvertes de cette nouvelle opale. On la verra pour la première fois cette année à Sainte-Marie Il ne s’agit plus de nodules : imaginez une opale mexicaine formée dans une roche volcanique très noire. Un basalte bulleux parés de noyaux et de lentilles d’opale transparente avec de beaux jeux de couleur. Cela pourrait bien créer l’évènement et percer commercialement, une opale matrix noire ... La photographie publiée ici montre un minéral avec des feux opalins verts, en réalité toutes les couleurs peuvent être présentes. Lors du voyage en Abyssinie de ce début d’année, avec mes compagnons d’aventure Eric et Dany, nous avons exploré les pentes du mont Guna (4231m) sans déroger au respect dû aux acteurs éthiopiens de la future exploitation de ce gisement d’opale. A vrai dire, la prospection n’est pas très avancée, les concessions sont en cours d’attribution. Et surtout, l’évolution dans une zone minière sans autorisation du Ministère des Mines d’Ethiopie est sévèrement sanctionné. Le mont Guna culmine au coeur du massif montagneux de Debre Tabor. La ville du même nom est une étape turbulente sur la longue route chinoise qui relie Weldya à Bahar Dar, traversant le plateau d’est en ouest, jusqu’au lac Tana, la source du Nil bleu (Abay) et ses chutes (Tis isat). Gemoa-Opalinda et son partenaire éthiopien Eyaopal contribuent à l’éclosion de l’opale du Gonder. L’avenir proche en précisera le potentiel.
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 Opale de couleur verte avec feux atypiques
Opale de couleur verte avec feux atypiques Photo © François MAZZERO |
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 Opale blanche "Damas", 4cm
Opale blanche "Damas", 4cm Photo © François MAZZERO |
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 Opale du Gonder, nouvelle variété
Opale du Gonder, nouvelle variété Photo © François MAZZERO |
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Analyses gemmologiques
La concision de ce qui suit pourra être contournée par la lecture des publications citées en fin d’article. Les données récentes proviennent essentiellement des travaux pertinents effectués à l’université de Lyon par le professeur J.P. Gauthier, à l’université de Nantes par Yannick Mandaba et Fabienne Villié pour leur diplôme d’université de gemmologie (professeurs B. Lanier et E. Fritsch), à Strasbourg par J.P. Gier pour le comportement avant, pendant et après la taille des gemmes. La revue de gemmologie AFG a publié des articles importants dans ses n° 148 et 149.
Les images au microscope électronique à balayage réalisées par J.P. Gauthier révèlent une organisation en lépisphères d’aspect framboïdal(2).
« Les spectres Raman obtenus en diffusion ont permis d’établir le profil Raman des opales éthiopiennes . Il s’agit pour la plupart d’opales C à C-T (…). Il est ainsi possible, d’une part, de les différencier des opales sédimentaires d’Australie par l’observation globale des différents domaines du spectre, d’autre part, dans le détail, les opales volcaniques d’Ethiopie semblent être identifiables parmi les autres opales volcaniques par la présence de pics ou de groupes de pics qui leur sont spécifiques. Elles ont, par exemple, des raies en commun avec les opales sédimentaires d’Australie, ces raies étant absentes dans les opales du Mexique(3). »
« On constate l’omniprésence de l’aluminium et d’éléments alcalins dans les échantillons. Cependant les différences en composition chimique constatées entre les échantillons stables et déstabilisés confortent l’hypothèse d’échanges ioniques. La force induisant la déstabilisation est sans doute plutôt structurale(4). »
Ce qui relance la thèse selon laquelle la fragilité de certaine opales (quelle que soit leur provenance) ne vient pas de la perte d’eau mais plutôt de leur composition chimique, celle-ci pouvant induire une instabilité des molécules et par conséquent de la structure pseudo cristalline ; la cause la plus incriminée étant l’échange cationique du à la présence d’aluminium dans l’opale.
Une expérience réalisée récemment par J.P. Gier sur une opale blanche d’Ethiopie est révélatrice : placée dans l’eau ou l’alcool elle devient absolument transparente tout en conservant des feux intenses. Après séchage elle redevient blanche avec ses beaux feux colorés d’origine. Ce cycle peut être répété sans altérer l’opale. L’explication, c’est une grande porosité, ces opales peuvent absober 30% et plus de leur poids en eau. Le point important est que de telles opales peuvent être très stables, et elles acceptent un très bon poli. Ce n’est pas un paradoxe si l’on pense à la solidité d’un structure nid d’abeille. A noter que les analyses thermogravimétriques réalisées par Fabienne Villié à Nantes montrent la grande disparité des teneurs en eau des opales éthiopiennes, certaines contenant moins d’eau que les opales du Brésil. D’autres échantillons étaient intacts, avec leur jeux de couleurs, après un chauffage dans un four jusqu'à 700°C !
Des prélèvements méthodiques sur les gisements d’opales en Ethiopie reliés aux moyens d’analyses actuels permettraient de trouver les niches de bonne opale. Mais ce travail de terrain méticuleux difficile à organiser est encore à faire.
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 Opale crystal exceptionnelle
Opale crystal exceptionnelle Photo © François MAZZERO |
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- F. Mazzero (2003), A la découverte des gisements d’opale du Shewa, relation de voyage en Ethiopie, Revue de gemmologie AFG n°148
- J.P. Gauthier, F. Mazzero, Y. Mandaba, E. Fritsch : gemmologie ordinaire et caractéristiques exceptionnelles ( 2004), Revue de gemmologie AFG n°149
- Yannick Mandaba (2003), Particularité des opales d’Ethiopie, DUG Nantes, site web : gemme.la.rca.free.fr
- Fabienne Villié (2003), Déstabilisation des opales d’Ethiopie, DUG Nantes
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| Maj le 04.07.2007 |
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