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| Dossiers - Le négoce de spécimens minéralogiques |
par Frédéric DELPORTE E-mail : delporte.frederic@wanadoo.fr
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Les spécimens minéralogiques ont toujours fait l'objet d'un commerce actif et extrêmement développé. L'Histoire et les faits montrent que ce commerce a grandement contribué à leur préservation.
Paul Desautels fut conservateur en son temps de la collection minéralogique de la Smithsonian Institution à Washington, un des plus importants musées au monde. Lors du 9ème symposium de l'Académie des Sciences de Rochester en 1982, il résuma sous forme de lois quelques vérités implacables relatives à la minéralogie. Les lois de Desautels sont depuis passées à la postérité.
Sa première loi, dite de disponibilité, s'énonce ainsi : " l'approvisionnement en spécimens à un moment donné est directement proportionnel à la masse d'argent offerte sur le marché. Les marchands vont s'éparpiller sur tout le globe pour creuser à la recherche de minéraux (et en négocier), dans tous les endroits possibles, et ils vont les ramener, de telle sorte qu'il y a une relation directe : l'argent pour les marchands, les spécimens pour nous ! ".
Desautels exprime ainsi son pragmatisme. Son dynamisme fit de lui un extraordinaire gestionnaire de collection minéralogique et un connaisseur sans égal.
Par l'Histoire et quelques histoires, une rapide tentative d'illustration de cette relation entre négoce et préservation des spécimens minéralogiques est proposée. Cet exposé sera des plus incomplets tant il y aurait matière à recherches et publications, seul un bref aperçu du sujet est ici présenté, un modeste prodrome...
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Un peu d'Histoire... Des origines de l'homme au Moyen-Age Les roches et les minéraux ont depuis toujours été recherchés dans un but utilitaire comme, par exemple, le silex pour façonner des outils durs et tranchants, mais aussi dans un but cultuel, esthétique, comme symbole de pouvoir ou de rang social (l'or en particulier). Des matières curieuses, comme l'ambre du pourtour de la mer Baltique, le quartz des Alpes, sont prisées depuis fort longtemps. Des bijoux en ambre se retrouvent dans de nombreuses sépultures préhistoriques, attestant de circuits d'échanges complexes à travers toute l'Europe.
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| Représentation d'une bijouterie française du XVème siècle, proposant des gemmes diverses montées ou non. |
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En Egypte, l'époque prédynastique (environ 5000-3000 ans avant J.C) fit grand usage de divers minéraux et roches comme éléments décoratifs : or, quartz, lapis-lazuli, agate, cuivre, jaspe... A cette époque, un vaste négoce en minéraux et roches vit et prospère en allant s'approvisionner en Orient, en Nubie, à Madagascar, ...
Théophraste, disciple d'Aristote, dans son "Peri lithon", ouvrage sur "les roches" au sens large, vers 300 avant J.C, évoque notamment le quartz et quelques unes de ses utilisations courantes, comme la réalisation de sceaux.
Dans son " Histoire Naturelle ", Pline l'Ancien, au premier siècle après J.C, signale quelques gisements de quartz : " du cristal nous vient de l'Orient, il n'y en a pas de plus estimé que celui des Indes. Celui qu'on trouve en Asie, près d'Alabande et d'Orthosie et dans les monts voisins, comme de même celui de Chypre, n'est pas recherché. Par contre, on estime fort celui provenant des montagnes des Alpes. Juba raconte qu'il s'en trouve dans une île nommée Nécron, en mer rouge, et aussi dans une île voisine, associé à des topazes, d'où Pythagoras, lieutenant du roi Ptolémée, tira des morceaux de cristaux d'une coudée de long. Cornelius Bocchus affirme qu'en Lusitanie, sur les sommets d'Ammaé, on trouve des morceaux fort gros lorsqu'on creuse des puits afin de mettre les eaux à niveau... " Le monde romain appréciait particulièrement les objets taillés dans des cristaux de quartz. Il lui attribuait également des pouvoirs curatifs, de très nombreuses substances minérales étaient utilisées en protomédecine.
L'Egypte fatimide (969-1171) a produit ce qu'il y a de plus beau et de plus raffiné en matière d'art utilisant le quartz, cela jusqu'aux productions de la Renaissance. Les plus beaux objets des anciens fonds des puissants d'Europe sont principalement issus de cette production, on peut en admirer au Louvre, au musée du Moyen-Age à Paris ou dans le trésor de Saint Marc à Venise.
Pour l'artisan et l'artiste, les minéraux et les roches sont une matière première. L'utilisation en cabochon (en bijouterie et en ornement d'objets comme les reliquaires,...) et la fabrication d'objets comme des coupes, des brocs, des pièces de jeux d'échecs et autres, notamment à partir de cristaux de quartz des Alpes, seront répandues dans tout le bassin méditerranéen jusqu'au dix-huitième siècle. L'exploitation des gisements et le négoce de ces matières premières sont bien sûr des plus intenses. |
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| Maj le 04.07.2007 |
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